Le Silence Des Arcanes

La crainte de la guerre est encore pire que la guerre elle-même. Mais parfois, elle est nécessaire.
 
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 Les retrouvailles d'une mère et d'un amant

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Eleanor
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MessageSujet: Les retrouvailles d'une mère et d'un amant   Mer 28 Mai - 16:34

Un cheval blanc galopait à vive allure sur les chemins menant à Deleïr. Il était chevauché par une jeune femme brune aux traits tirés par la fatigue et la colère. La fatigue d'un long et difficile voyage, et la colère d'une mère et d'une amante trahit.
Tout s'était passé quelques heures auparavant...

La jeune femme s'était absentée pendant cinq longues années. Cinq longues années à déjouer les tempêtes, les pirates, et à négocier. Oui, négocier...négocier un traiter de paix et d'alliance pendant deux ans et demi, tout aussi éprouvants que le voyage, et, qui, finalement, n'aboutirent à rien. Puis l'heure du retour sonna, et il fut tout aussi chaotique que l'allée, durant, lui aussi, un peu moins d'un an.
C'est ainsi que la princesse d'Oialë vécut loin de sa fille, loin de son pays, loin de ses êtres chers...C'est donc une mère meurtrie de ne pas avoir vu son enfant grandir qui rentra chez elle, le coeur pleins de remords d'être restée si longtemps absente pour n'avoir rien obtenu.
Cependant, le regret n'est pas la colère, et cette dernière fut provoquée lors des retrouvailles. La jeune elfe, après avoir embrassé son père, voulu voir sa fille. Et...hélas...elle n'était point dans son palais, ni même dans sa contrée, et encore moins dans son territoire...La petite Tanaë était au près du roi Envir, son père caché.
C'est à ce moment qu'Eleanor se sentit trahit. Comment son père, son cher et tendre père, avait pu confier sa fille à cet homme ?! Cet homme qui l'avait tant fait souffrir, qui l'avait lâchement abandonné ?
Les sourcils froncés, les poings serrés, le pas rapide, elle enfourcha son fidèle destrier et partie au " tripe galop ".

Voilà le pourquoi de cette visite surprise.
Sans prendre la peine de s'arrêter, ou même de ralentir, aux portes du palais, elle entra sans se soucier des pauvres gardes, qui n'avaient plus qu'à se pousser. Ceci provoqua bien sûr une grande agitation, et quelques soldats se mirent à la poursuite de l'intruse, quelques longues minutes plus tard. Ledite intruse avait, d'ailleurs, déjà réussi à savoir où était le chef des lieux, et n'était plus qu'à 500 mètres de lui.
Arriver à sa hauteur, elle stoppa Asphalète, descendit, se mit face à lui, et le gifla une première fois


-ça c'est pour ce mariage !

Et ne lui laissant le temps de réagir, elle le gifla une seconde fois, prenant soin de rougir l'autre joue

-et ça c'est pour Tanaë !

Ses poings se serrèrent, ne voulant le souffleter une troisième fois. Son souffle était fort et quelque peu saccadé, tandis que son corps tremblait très, très légèrement, sous l'effet de la colère.

-tu n'avais pas le droit....tu n'avais pas le droit de l'élever à ma place....

Très certainement que le pauvre homme ne comprenait rien...Ce qui était sûr, c'était que les gardes arrivaient au galop...
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Envir Valar Aratar

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MessageSujet: Re: Les retrouvailles d'une mère et d'un amant   Mer 28 Mai - 17:07

Le jour était levé depuis au moins trois heures déjà, et le jeune roi arpentait les jardins d'un air rêveur, flânant çà et là, sans vraiment faire quelque chose de précis. Trop occupé à réfléchir. Ses pensées, comme chaque matin, se perdirent en songes impossibles. Il pensait à Cardiana. Il pensait à Eleanor. A cet enfant. Celui de la Princesse. La petite était partie à l'Aube prier Sinira, pour que sa mère revienne, et que la Lumière triomphe un jour. C'est elle qui l'avait voulu, de son plein gré, un jour de pluie où elle avait eu interdiction de sortir, pour ne pas se salir et attrapper froid. Envir avait été fier de l'entendre. Caressant tendrement ses cheveux charbonneux, il avait alors dit : " Toi, tu tiens bien de ta mère ..". Deux minutes plus tard, il avait pleuré, sangloté, comme un enfant, attirant la petite contre son torse, et laissant les larmes couler dans sa belle chevelure d'ange. C'est donc en attendant son retour qu'il faisait les cent pas dans le Jardin. Elle était en retard, et cela n'était pas à son habitude. Envir commençait à s'inquiéter. Bientôt, le bruit d'un galop de cheval arriva à ses oreilles. Vêtu d'une simple chemise blanche, ouverte, et d'un pantalon de cuir brun, une dague fichée dans sa jambiere, il s'était alors retourné, pour voir apparaître devant lui Tanaë. Grandeur nature. Même deux fois plus grande que de nature. Le cheval blanc acheva de faire croire au roi qu'il était devenu fou. C'est abasourdi, clignant des yeux plusieurs fois, qu'il la laissa approcher et descendre de selle vivement. On entendait au loin le galop effrené des chevaux des gardes, leurs armures clinquetant sur les dallages de la cour Royale.

La gifle réchauffa sa joue. La brûla, tout compte fait. La deuxieme lui fit l'effet d'un électrochoc. Ecarquillant des yeux subjugués, il voulut murmurer quelque chose, qui ne vint pas. Il ne comprenait pas grand chose. C'étaient les phrases qu'elle prononçait qui le firent réagir. Massant sa joue droite, les sourcils légèrement froncés, il finit par balbutier


"Eleanor, mais .. Ce n'est pas ce que tu crois .. Cardiana .. Elle .. M'a quittée."

Il inspira profondément, pour se donner de l'assurance dont il ne disposait pas. Il se décomposait entièrement au fil des mots

"Et saches que .. Je n'ai rien demandé .. On m'a flanqué un gosse sur les bras, dont je ne connaissait que le nom, et la provenance, et, par respect pour Oïalë et son Roi, j'ai accepté. Saches que cela n'a pas été très facile, je doit l'admettre. Non pas que la petite ait été une contrainte, non. C'est de savoir de qui elle tenait qui était déchirant."

Et déchiré, c'était ce qu'il était en ce moment précis. Son coeur menaçait d'exploser dans sa poitrine. Son regard perdu dévia, se baissant, et tomba sur la longue estafilade qui traversait la majeure partie de son bras gauche. Il avait tenté de mettre fin à ses jours. En vain. Ce n'était pas du tout du gout des dieux. Ils le laissèrent dans ce monde là, douloureux. Seul. Le roi poursuivit

"Si tu savais comme c'était éprouvant de devoir s'occuper du matin au soir d'une enfant qui est ta chair et qui tient de toi, ton sourire, et ta chevelure ? Sans parler du caractère !"

Il soupira, portant une main à sa tempe gauche, pour la masser lentement. Tout bourdonnait autour de lui. Il avait la migraine. Pour couronner le tout, Tanaë n'était toujours pas là, et s'il lui était arrivé quelque chose, Envir savait qu'il ne lui restait plus qu'à subir encore des milliards de gifles, si ce n'est pire. Plantant son regard d'un gris argenté dans celui d'Eleanor, il finit par murmurer, douloureusement

"J'aimerai au moins savoir pourquoi tu me l'as caché .. Qui est ce ?"

Il parlait du père, évidemment. De l'amant déchu. De celui qui avait osé la toucher au plus près, là où il pensait être le seul à avoir droit au plaisir divin. Cet être qui lui avait volé la tendresse de son Aimée. Il n'avait maintenant plus droit qu'à des gifles et des remontrances. Il n'en demandait pas tant.

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MessageSujet: Re: Les retrouvailles d'une mère et d'un amant   Mer 28 Mai - 17:47

Eleanor attendait, elle attendait un mot, une parole, une réponse de cet homme qu'elle détestait d'un amour brûlant. Oui, elle l'aimait encore, malgré toutes ses heures à essayer de se persuader que cet amour était fini, terminé, qu'il devait être envoyé au plus profond des abîmes de l'océan. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'elle ne put qu'évacuer de son corps cette colère trop longtemps retenu. Elle, Cardiana, sa femme...elle...elle l'avait quitté ?
La pauvre princesse ne savait plus quels sentiments ressentir, quels gestes faire, quelles paroles prononcées. Reculant d'un pas peu sûr, elle prit appui sur un grand chêne, à quelques mètres d'elle. Elle ferma alors ses yeux, et écouta, silencieusement, le plaidoyer du Roi. Il voulait savoir qui était le père de son enfant, de sa petite fille, de sa chère Tanaë...
L'elfe ne put qu'esquisser un sourire à cette question, tout en relevant avec lenteur ses paupières. Ses prunelles bleutées se plongèrent alors dans les yeux de l'homme.


-bougre d'aveugle...tu as passé cinq longues années à la contempler et tu n'as toujours pas compris ?

La jeune femme s'arrêta un instant, poussant un long soupir...l'heure de dévoiler la vérité avait sonné, ce secret avait été gardé bien trop longtemps.

-Elle a tes yeux, ton nez, ton rire...comment as-tu pu croire un seul instant qu'un autre homme a partagé ma vie ?

Un voile de tristesse et de déception recouvrit son regard, faisant briller ses yeux de milles étoiles.
C'est à ce moment précis que les gardes arrivèrent, encerclant la princesse, la menaçant de leur épée tranchante.


-Seigneur, tout va bien ? Cette femme ne vous a point importuné ?

Eleanor ne se défendit, peut être trop faible, très certainement trop perturbée par cette rencontre...
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Envir Valar Aratar

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MessageSujet: Re: Les retrouvailles d'une mère et d'un amant   Mer 28 Mai - 18:06

Envir la regarda, elle, dont la tristesse semblait émaner de chacun des pores de sa peau. Il parut troublé, déconcerté, et empreint d'un minimum de compassion. Devoir abandonner sa fille, sa propre chair, son sang, pour une fioutue guerre débile. Envir en voulait de plus en plus à son frêre d'être à l'origine de ce chaos total. C'est donc les poings serrés qu'il apprit la nouvelle. Qui lui fit l'effet d'un électrochoc. Son nez, ses yeux .. Son rire .. Oui .. C'était .. La fille d'Envir !

Sa main se posa sur son coeur, vivement, comme si quelque chose venait de s'effondrer à l'intérieur. Sa barrière d'impassibilité qui venait de céder. Son amour qui débordait .. Jusqu'à exploser. Haletant, il planta ses prunelles grises argent dans celles, océaniques, de sa moitié. Il tenta un pas, hésitant, vers elle, murmurant avec douceur


"Eleanor .. Je .."

Les gardes arrivèrent en trombe. Avant même qu'il puisse dire quoi que ce soit, ils avaient encerclé l'intruse. Elle avait changé, certes, mais à ce point .. Une lance effleurait le cou de la belle.

"Eh bien, messieurs ! Si elle avait été Kershane, je crois que je n'aurai pas eu à compter sur votre défense !"

Les gardes, piteux, tournèrent la tête vers lui d'un air désolé. Il faut dire qu'avec tous les complots qui sévissaient dans la garde Royale, il y avait beaucoup de changement dans l'organisation des tournantes. Le roi poursuivit, voyant la lance insister sur la peau fragile, du cou d'Eleanor. Il se fraya un chemin dans la dizaine de gardes, les décalant sans ménagement, et arrivé devant le lancier, il lui fit reculer doucement son arme. Il plongea dans le regard de ce dernier et murmura alors
"Le premier que je prends à lui faire le moindre mal, il finit dans la cage des Kershans, au sous sol, c'est compris ?"

Ils hochèrent tous la tête. Un soldat lança alors : "Cette femme ne vous a point importuné ?"

Le roi éclata de rire, et lui répondit avec tact et calme

"Importuné ? Je viens d'apprendre que je suis l'heureux père de la petite !"

Tout le monde connaissait Tanaë, au chateau. Sa bouille d'ange en laissaient plus d'un muets, devant tant d'innocence dans un monde si dur. Il faut dire qu'Envir l'avait élevée au plus loin des combats et du sang. Il avait placé autour d'elle une bulle de paradis, et lui offrait ce qu'elle désirait. Pourtant, elle ne faisait pas sa gamine gatée. Elle se contentait de ce qu'on lui offrait. Envir se plaça alors face aux soldats, auprès d'Eleanor, sentant sur son bras le contact de la frêle épaule de l'elfe. Là, il clama alors, fort, pour que tout le monde entende

"Et cette femme, comme tu dis, n'est pas n'importe qui. C'est MA femme."

Tout le monde tourna la tête vers lui, ébahi. Même le jardinier à quelques mètres de là arrêta de tailler les rosiers, et ouvrit une large bouche en entendant la nouvelle. Les gardes s'empressèrent alors de faire la révérence devant elle, se perdant en excuses. La surprise était bien plus que générale. Par ces mots, Envir venait de faire une demande indirecte à Eleanor. Alors, calmement, souriant tendrement à la femme qui l'avait giflée quelques minutes auparavant, il posa un genou au sol, et enleva la chaîne qu'il avait gardé chaque jour à son cou. L'anneau glissa sur les mailles, tomba dans la paume du roi. Un sourire illumina le visage de ce dernier, qui, tendant la main détenant l'anneau vers elle, prononça alors les paroles magiques

"Eleanor .. Ma douce et tendre .. Veux tu bien .. Etre ma femme, officiellement ?"

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MessageSujet: Re: Les retrouvailles d'une mère et d'un amant   Sam 31 Mai - 20:23

Ses yeux s'écarquillèrent légèrement, son regard quelque peu troublé voulut se plonger dans l'abîme de ses yeux, tandis que sa main se crispa sur son coeur. Oui...oui il avait compris, enfin...

Eleanor abaissa alors prunelles, fermant à demi ses paupières. Ce moment était pour elle un vrai supplice. Elle aurait tellement voulu s'enfuir...Elle ne voulait de se rapprochement, de ses balbutiements, de ses excuses. Elle voulait simplement du temps. Du temps pour pardonner, pour redécouvrir, pour encore mieux aimer.

Mais les Dieux en avaient décidé autrement. Les gardes la retenaient, une lance la menaçait, le Roi la défendit et dévoila ce secret si longtemps et difficilement gardé...Pourquoi faisait-il cela ? Ne savait-il donc pas que seul un mariage pouvait lui absoudre cette faute qu'elle avait commise en ayant une liaison avec un roi fiancé ?...Apparemment si...car non, non elle n'avait point rêvé, il avait dit " MA femme "...

De stupeur, l'elfe tourna vivement sa tête vers Envir. Mais...que faisait-il ?
Son coeur se mit à battre la chamade, tandis que son regard balaya un instant les personnes présentent. Toutes arrêtèrent leur activité et relevèrent leur tête vers les représentants de Cala et d'Oialë, tandis que les gardes firent une révérence.
Que se passait-il ?

La réponse ne fut longue à avoir lorsqu'elle vit l'Homme s'agenouiller et lui tendre une bague...sa bague...Ce qu'elle avait rêvé depuis des années arriva enfin, il la demandait en mariage, il lui demandait d'être sa femme, pour le meilleur et pour le pire, il lui demandait de partager sa vie, d'être le père officiel de Tanaë.
Son coeur se serra, se déchira...Elle l'aimait, elle l'aimait tellement, de toute son âme mais cela faisait 8 ans, 8 longues années qu'il l'avait abandonné, qu'ils ne s'étaient pas vus...

Pinçant sa lèvre inférieure, elle ferma un instant ses prunelles, plissant ses sourcils, avant de s'accroupir. Son regard emplit de tristesse et de désolation se plongea alors dans les yeux de son amant, tandis que sa main referma avec délicatesse les doigts du Roi sur la bague.


-je t'aime...

Ses paroles murmurées furent suivies par un baiser, aimant, doux, fin, humidifié par une larme de la belle. Cette dernière caressa tendrement la joue sa joue, avant de s'expliquer, d'une voix douce, mais terriblement triste et désolée. Son regard cherchait désespérément l'attention de l'homme, cherchait à se faire pardonner de ce refus...

-je...je ne peux pas...pas encore...tout va bien trop vite...
J'ai besoin de reprendre mes marques, avec ma fille, notre fille...et avec toi...


Dernière édition par Eleanor le Dim 1 Juin - 16:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les retrouvailles d'une mère et d'un amant   Sam 31 Mai - 20:55

Le roi attendait patiemment, le regard brillant d'extase et de peur à la fois. Il savait que ce choix qu'il faisait, était aussi bien mené par raison que par passion, et ce qu'il espérait au fond de lui, c'était surtout qu'elle accepte ses excuses par le biais de l'alliance. Tous ses espoirs gonflaient son coeur, alors qu'il se sentait prêt à tout oublier. TOus ses déboires passés.

Raté.

Il reçut le geste comme une gifle. Ses yeux restèrent secs cependant, alors que sa respiration se faisait beaucoup, beaucoup plus lente. Il comptait les battements de coeur dans sa poitrine. Fermant les yeux à son baiser, il l'accepta à contre coeur, sentant la larme, pourtant glacée, irradier et brûler la sienne, devenue bien plus blanche qu'autre chose. On aurait dit un mort. Elle tenta de se justifier, de le rassurer. En vain.

Envir ne tenta rien pour paraître compréhensif. Impossible pour lui de bouger en cet instant. Ses muscles se tendirent à l'extrème, il sentait la bague rentrer dans sa paume avec force. Il trembla tant et si bien que ses doigts, formant une cage autour de la bague, se desserrèrent, laissant le bijou tomber à terre. Le clinquement qui survint lorsque la bague rencontra le sol acheva de tuer le roi.

Inspirant profondément, il fixa l'objet, comme s'il venait de briser sa vie. Les serviteurs et gardes ne savaient que faire, et l'un d'eux osa une main sur l'épaule du souverain. Ce dernier, d'un air las et fatigué, tourna la tête vers lui, et dans un soupir, lui murmura


"Prends la, je n'en ai plus besoin, comme tu vois .."

Il se releva avec peine, refusa l'aide de ses sujets, et, vouté par le poids de sa douleur, il se traîna jusqu'aux marches du palais, lançant un dernier regard à sa belle. Un murmure s'échappa de ses lèvres alors qu'il passait la porte du palais.

"Je vais chercher Tanaë."

Il lui fallut une dizaine de minutes pour arriver à sa chambre. Livide, il y entra, et ferma la porte à double tour. Il savait ce qu'il lui restait à faire. Il en avait déjà fait beaucoup, en trente ans, pour son peuple. Ce dernier saurait choisir l'Héritier. Il en avait assez fait. Il était temps pour lui de rendre sceptre, cape, et couronne.

Il chercha des yeux sa dague, déterminé, et lorsqu'il mit la main dessus, il se sentit soulagé. Enfin il ne serait plus terrassé par son travail harrassant de souverain. Il plaignait son successeur. Sans qu'aucune larme ne se déverse, le roi tendit son bras devant lui, agenouillé au centre de la pièce, puis tira la manche de sa tunique. Sa veine palpitait contre ses muscles. Il la fixa, d'un air absent, avant d'approcher la lame.

Il entailla d'abord une petite partie, infime, de chair, un centimètre tout au plus, et se servit alors de son sang pour rédiger sur un parchemin : Nathaniel, successeur. Là, il s'assit sur son lit, préférant mourir là qu'à terre, et approcha la lame de la veine, cette fois ci. Aucune once d'hésitation dans son regard. L'éclat de sa lame lui éblouit un instant le regard. La voix de Tanaë derrière le fit sursauter et se jeter en avant, faisant volte face d'un coup de rein pour jeauger l'adversaire. La voix de la jeune fille résonna dans sa tête


"Fais pas ça. Tu sais très bien que Maman ne veut pas ça."

Elle avait tout entendu depuis le début. Le roi la dévisagea, mais resta interdit. La petite lui prit la main, et l'emmena hors de la chambre en froissant le papier sous ses petits doigts. Lorsqu'elle fut dehors, avec lui, elle chercha des yeux sa mère, et lorsqu'elle la vit, elle s'approcha d'elle, d'abord hésitante, puis en courant. Elle se jeta contre sa mère, quelques larmes coulant sur ses joues roses. Envir restait là, muet comme la mort, debout comme un piquet, à fixer le beau tableau qui s'étalait devant lui. Tout ce qu'il voulait, c'était retourner dans sa chambre.

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MessageSujet: Re: Les retrouvailles d'une mère et d'un amant   Jeu 10 Juil - 21:05

    Eleanor éloignât son visage après son baiser volé, cherchant de ses prunelles l'attention du roi. Mais ce dernier avait perdu toute sa fougue, son entrain. Il était livide, son regard perdu fixait la bague. Cela ne présageait rien de bon, la princesse l'avait compris. L'anxiété la gagnât.

    Cela était fondé. Pourtant, non. Non elle n'avait envisagé cette réaction de la part d'Envir. Il n'essaya de comprendre, de se justifier, d'insister. Il partit aussi simplement que lâchement, tel un guerrier sans courage. L'elfe ne le reconnaissait plus, et resta figée devant ce départ. Elle ne reconnaissait plus celui qui l'avait épié à la cascade, qui avait égaillé ses journées, tourmentées ses nuits, celui qui avait ouvert la porte fermée à tant d'autres...Pouvons-nous tant changer ? Avaient-ils encore une....


    *Non !*

    La jeune femme se ressaisit. Elle aimait cet homme, et elle ne voulait que son amour s'éteigne sur cette image d'un guerrier abandonnant la bataille.Elle se releva donc avec vigueur et attrapa la bague, restée au sol. Envir avait déjà franchit le seuil de l'entrée principale, depuis plusieurs minutes : il n'y avait plus de temps à perdre, elle voulait lui parler, seul à seul. Asphalet l'avait bien compris. Ils laissèrent les gardes à leur étonnement, galopant à vive allure en direction du palais.

    Cet édifice - d'une prouesse architecturale - était immense, un vrai labyrinthe où, sans ses habitants, il était très facile de se perdre. Heureusement, les gens ici étaient très courtois, et donnait sans grande hésitation, la direction de la chambre du roi, avant de pousser un soupir de soulagement. On pouvait d'ailleurs, aisément, pister la progression de la cavalière, il suffisait simplement de suivre les cris de ces gentes demoiselles. Il est vrai, je l'accorde, qu'il est peu courant de voir dans un palais un cheval lancé au grand galop, manquant de déraper à chaque intersection....les dalles de marbre étaient glissantes....


    *Là !*

    Oui, là, à quelques mètres d'elle, deux des êtres qui partageaient son coeur étaient debout, devant la porte recherchée. Le destrier blanc pila, laissant - dans une grâce incomparable - sa cavalière descendre. Elle s'avança de quelques pas puis....s'arrêta, n'osant s'approcher d'avantage de cette bouille d'ange. C'était sa fille, sa petite Tanaë...Elle avait tant grandi...mais au fond, si peu changée. Eleanor aurait pu la reconnaître entre mille, s'était son bébé, son enfant.

    L'hésitation avait pareillement gagné la jeune fille, un instant, avant qu'elle ne court se blottir dans les bras de sa mère. Elle l'avait également reconnue, malgré ses huit longues années d'absences. Peut-être lui a-t-on souvent montré son portrait, peut-être son père, et pourquoi pas son grand-père, l'ont souvent décrite. Peu importait, elle l'avait reconnue, et pleurait maintenant contre sa poitrine.


    -Ma petite, ma chérie....

    La jeune femme s'était accroupie, et avait accueilli les bras ouverts. Ses paupières étaient closes, ses arcades sourcilières légèrement froncées, elle voulait oublier tout ce qui l'entourait, et ne se concentrer que sur son enfant.

    -tu m'a tellement manqué...pardonnes moi....au mon coeur pardonnes moi....je ne te laisserai plus, plus jamais....tu entends ? plus jamais...

    Sa voix tremblait d'émotions. Elle voulait que le temps s'arrête pour ne plus être obligée de la quitter, de...de les quitter...Car malgré ces retrouvailles, elle ne délaissait pas Envir. Au contraire, cela lui donna encore plus de courage.

    Les minutes étaient passées, l'étreinte apaisante était terminée. Eleanor s'approcha de l'étalon blanc, Tanaë dans les bras.


    -Te souviens-tu d'Asphalet ? Il jouait souvent avec toi quand tu n'étais encore qu'un bébé...Ais confiance en lui, il ne te fera aucun mal, tu peux le considérer comme un gros nounours.
    Je te dis ça car je vais devoir te laisser avec lui, que quelques minutes : je dois parler avec Envir, seule. Mais je te promets que je reviendrai te rechercher après, et nous irons voir grand-père. D'accord ?

    La jeune mère fit un sourire rassurant à sa petite fille, avant de déposer un doux baiser sur son front. Elle l'emmena ensuite dans la chambre de son père, en compagnie de son destrier. L'asseyant sur le lit, elle lui caressa ses doux cheveux, avant de s'en aller de la pièce, prenant soin de refermer la porte derrière elle.

    Le plus dur restait à faire....


    -Ne me fait pas culpabiliser pour un crime que je n'ai pas commis.

    Elle s'était arrêtée devant son amant, et, contrairement à ce que l'on pourrait penser, elle n'était absolument pas en colère. Le ton de sa voix était neutre, calme, même si, il faut l'avouer, cette phrase fut lâchée dans un soupir.

    -Ce n'est pas moi qui t'ai abandonné par lettre après notre première nuit, qui t'ai caché que j'avais un amant, un enfant en bas âge, et qui me sois mariée. Te rends-tu compte tout ce que j'ai enduré ? J'étais enceinte, tu étais marié. Il m'était donc impossible de dire qui était le père. J'ai caché le plus possible mon ventre qui grossissait chaque jour, pour retarder l'inévitable : les questions incessantes, les regards dédaigneux, le silence de la pièce à mon entrée, suivit de mess basses. Car si je ne disais le nom du père, c'est, qu'obligatoirement, j'avais commis quelque chose d'honteux....les rumeurs allaient de bons trains, je devenait chaque jour une personne différente : une fille facile, une briseuse de ménage, une traitresse...

    L'Elfe s'arrêta un instant, le temps de pousser un second soupir.


    -Je ne me suis jamais sentie aussi seule et malaimée. Une princesse se doit de donner l'exemple. Et si erreur est faite, de le dissimuler le plus vite possible. Cependant là, c'était impossible.

    Je t'ai haï comme personne. Pendant toute ma grossesse. Mais...lorsque je l'ai vu, lorsque j'ai vu son visage, tes traits mêles aux miens, j'ai compris que mon amour pour toi était encore présent, profondément encré dans mon coeur.
    Je t'aimais, et te haïssait.
    Grâce au temps, à mon long voyage, le venin qui courrait dans mes veines est parti, mais...j'ai l'impression de t'avoir perdu également...

    Pour la première fois depuis sa seconde rencontre avec lui, Eleanor leva ses prunelles et planta son regard dans le sien.

    -Tu n'es plus l'homme que j'ai laissé sur le continent il y a huit ans. Vouloir quitté cette terre pour un refus n'est pas la solution...._elle fit allusion à l'entaille sur le poignet du roi_ Comme toi, je n'en peux plus de me battre, mais je le fais, pour ma fille, pour la Lumière, la paix....pour toi.

    La " jeune " femme posa un instant son regard sur la bague, qui roulait avec légèreté sur ses fins doigts.

    -Et...ce n'était pas un refus....

    A ses paroles, elle déposa l'anneau au creux de la main d'Envir.

    -...Il me faut juste du temps. J'ai attendu 10 longues années que ton coeur soit libre. Si tu m'aimes vraiment, attends que le mien soit prêt.

    [ HS : je sais, je sais....c'est bourré de fautes d'ortho, mais là il est tard, j'ai passé pas mal de temps dessus, j'ai juste une envie : dodo XD ]
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Envir Valar Aratar

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MessageSujet: Re: Les retrouvailles d'une mère et d'un amant   Mar 15 Juil - 13:41

Qu'il avait été dur pour Envir d'entendre le tintement des fers d'Asphalet contre le marbre du couloir. De savoir qu'elle était si près par le corps, et si loin par l'âme. Comme s'ils avaient trop changé, beaucoup trop pour pouvoir s'apprivoiser de nouveau. Leurs corps avaient fait un le temps d'une nuit, était ce pour cela symbole d'union éternelle ? Le doute s'était emparé du 'jeune' Roi, alors que le destrier s'était arrêté devant la porte que Tanaë venait d'ouvrir. Le souverain ne réagit pas à la vision des retrouvailles tendres sous ses yeux. Trop de douleur accumulée, il était incapable de réjouissances, même s'il dévorait le regard brillant de son enfant, comblée par les bras tendres de sa mère. Amorphe, il se prit à penser qu'il était jaloux de la fillette. Elle avait en une seconde ce qu'avait toujours voulu Envir. Elle avait la vie devant elle, n'avait pas encore commis une seule erreur. Elle pouvait croquer dans la vie à pleines dents, sans se soucier des représailles .. Envir, lui, avait déjà péché, plus d'une fois, d'ailleurs, et cela faisait de lui quelqu'un de malsain. Non pas au regard de son peuple, mais plutôt sur sa propre image de lui même. Il se sentait honteux, traître, fourbe, vil. Pas digne de gouverner tel Royaume.

La petite, de son coté, goutait à une joie perdue depuis des lustres déjà. La chaleur des bras de sa mère, combinée à ce regard que cette dernière lui lançait, achevait d'amasser un baume dans le coeur de la fillette aux cheveux de Jais. Les paroles réconfortantes firent naître une larme unique sur la joue de Tanaë. Elle fixait avec amour pur sa mère, sans aucune once de regret en elle. Aucun sentiment de trahison ne l'étreignait, car malgré son jeune age, elle avait compris tot que sa mère était partie pour la protéger. Agrippant les épaules de sa mère avec la force de ses petites mains, elle finit par coller son nez à celui d'Eleanor, et de murmurer


"D'accord, si tu promets, j'te crois."

Un sourire malicieux éclaira son visage d'ange, avant qu'elle ne passe un oeil par dessus l'épaule de la femme, et ne reconnaisse l'énorme animal qu'elle affectionnait déjà à l'époque. Non, malgré tout ce temps écoulé, elle n'avait oublié Asphalet. Malgré le fait qu'il ait prit un peu d'age, il n'avait pas tant changé. Toujours cette sagesse dans le regard, et cette grâce dans la silhouette. Comme sa cavalière. Tanaë lui sauta dessus sans vergogne, et bientôt, elle laissa les deux amants en paix, bien trop occupée à tresser la queue du cheval, doté d'une patience sans failles.

Le bruit de la porte qui se fermait soigneusement ramena Envir dans le monde des vivants. Son regard vide se posa sur le corps longiligne de son ancienne compagne. Il ne savait ni que dire, ni que faire, ni que penser. Pour l'instant, il était hors service, sous tous les sens du terme. La phrase par laquelle Eleanor décida de briser la glace lui fit l'effet du poignard qui tournicote dans la plaie. Très douloureux, donc. Elle l'attaquait pour se défendre. Au mot crime, une étincelle de déception et d'impuissance traversa son regard, alors qu'il osait lui couper la parole, pour la reprendre


"Tu n'as commis aucun crime, Eleanor. Pas toi .."

Il se savait fautif. Il le savait depuis des années, et pourtant .. Il ne pouvait se résigner à la voir si loin de lui. Il voulait tout, tout de suite. Chose compréhensible quand on a pas vu sa moitié depuis de longues années. Elle se mit alors à parler, très vite, comme si elle avait peur que la mort ne la ratrappe avant qu'elle n'ait le temps de vider son sac. Comme si elle avait peur que le souffle lui en manque, plus tard. Il écoutait, calmement, accusant les coups qu'elle lui portait droit au coeur sans broncher. Son coeur était mort tout à l'heure, elle pouvait bien le poignader tant qu'elle voulait, il était trop tard, pour la souffrance. L'homme jeta un oeil à son bras. Une entaille infime, un centimètre de chair ouverte, un filin de sang qui courait sur son avant bras .. Pas de quoi faire un drame. Certes, il s'apprêtait à pire. Mais il décidait seul de ce qui devait advenir de sa vie. S'il décidait de l'écourter, il était criminel de vouloir l'en empêcher. Enfin, un sourire sans vie, ironique, glissa sur ses douces lèvres, avant qu'il ne murmure, la voix encore plus grave qu'à l'accoutumée, et s'estompant dans un souffle rauque et douloureux .. Comme si faire l'effort de parler était déjà beaucoup trop ..

"Tu n'es une criminelle, c'est un fait. M'empêcher de choisir par libre arbitre si je me dois de vivre ou mourir, est un crime, par contre."

Son regard se planta dans celui d'Eleanor, vide, glacial, presque trop froid pour qu'elle puisse le soutenir. Et là, le visage effrayant tant il était morbide, il acheva

"Peut être que tu peux accepter de te battre pour une cause où l'espoir perdure, mais moi, je ne peux me résigner à batailler ma vie entière si la moitié des causes que je défends sont perdues d'avance."

Il coupa le lien visuel qui les unissait. Il ne supportait plus le regard doux et tendre, magnifique par la beauté de son éclat, d'Eleanor. Un regard qu'il avait souvent mangé sans retenue, mais qu'il s'efforçait à présent d'éviter par des coups d'oeil autour de lui, d'un air las. Ses doigts effleurés par ceux d'Eleanor le firent frémir, alors qu'il posait son regard sur sa paume ouverte devant lui. L'anneau y brillait, d'un éclat si beau qu'il paraissait miroiter sans se soucier des zones d'ombre qui perduraient entre les deux amants. Envir eut un second sourire sans vie, avant de murmurer, d'une voix étreinte par l'émotion

"Je sais que je t'ai perdue, Eleanor. Nous avons tant changé, bien trop pour nous comprendre, à présent. Une seule chose nous lie encore, c'est cette enfant, à quelques mètres, qui a besoin de l'amour de ses parents. J'ai joué pendant de longues années ton rôle de mère. Lorsque je vous quitterai, tout à l'heure, il sera à ton tour de jouer le mien."

Attendre, attendre. Verbe qui revenait sans cesse dans la bouche d'Eleanor. Il avait attendu huit ans son retour. Sept ans il avait passé seul, quittant sa femme, la prunelle de ses yeux, laissant la biche au pelage de jais et aux yeux de braise s'échapper de la prison dorée qu'était Deleïr. Il l'avait laissée rejoindre les siens. Et il n'avait aucun regret. Telepathiquement, il savait que Cardiana allait bien. Enfin, tout était relatif, mais elle était plus heureuse là bas qu'ici. Il était heureux pour elle.

Le souverain jouait maintenant avec l'anneau. Il caressait le bijou des doigts, s'émerveillant devant la lueur forte qu'il émanait depuis que les deux moitiés s'étaient retrouvées. Il passa ses doigts contre son cou, détacha la chaîne d'or qui y pendait, et enchaîna de nouveau le symbole de son Amour Eternel, l'empêchant ainsi de se loger dans le coeur de la princesse. Il reprenait son amour. Envir n'était pas doué pour cela. Pour Aimer. Il n'aimerait plus, maintenant. C'était bien trop compliqué, et il avait d'autres chats à fouetter. Bientôt, il ferait fondre l'anneau. En ferait un médaillon. Il l'offrirait à Tanaë, lorsqu'elle aurait douze ans. Seul amour qu'il offrirait à l'avenir. Un amour débordant pour tous ses enfants. Plus de passion, plus de péchés. Trop de relations compliquées, d'amour tumultueux, d'enfants nés sur le tas. C'en était assez de jouer avec les sentiments. Il était temps pour lui de rendre le costume de Don Juan. Il était à présent père plusieurs fois. Il devait se consacrer à cela pour le restant de ses jours.


"Va, maintenant. Nos chemins étaient comme le ruisseau qui borde Deleïr. Formant un petit lac, au départ .. Se séparant en deux cours d'eau sur un kilomètre .. Se rejoignant à un endroit, minuscule .. Puis repartant de plus belle chacun de leur coté .. C'était notre destin, Eleanor .. Je l'avais vu dans le puits depuis longtemps. Seulement, j'ai crû qu'il suffisait de fermer les yeux sur les prédictions pour pouvoir les modifier. J'ai eu tort. Je ne recommencerai pas."

Il tourna le dos à Eleanor, le cliquetis de la chaîne s'accrochant contre sa nuque étant seul briseur de silence à cet instant. L'homme fit quelques pas, lents, et mit tout son poids sur sa poignée de la porte de sa chambre. L'entrouvrant, on entendit alors

"Mère ! Quand partons nous ?"

Un sourire triste se peignit sur le visage fatigué du Roi. Il jeta un dernier coup d'oeil à la femme de son coeur, que tout opposait, et s'engouffra dans la chambre

*Emmene la .. Prends soin d'elle .. Mais s'il te plait .. Ramène là ici, de temps en temps .. Qu'elle joue dans les vergers autrefois miens .. Qu'elle courre dans les jardins comme elle le faisait si souvent .. Qu'elle tente d'attrapper les petits poissons dans le ruisseau .. Qu'elle cueille quelques petites fleurs en mon honneur .. Et je serai un père comblé .. Je veux juste .. Qu'elle garde un souvenir de moi .. En sa mémoire ..*

Tanaë sortit de la chambre avec Asphalet. Ses grands yeux semblaient surpris, alors qu'elle tendait la main pour attrapper celle de sa mère.

"Faut vite revenir, mon tuteur il pleure."

Son tuteur .. Evidemment, elle ne savait pas .. Que ce tuteur, comme elle disait, était son propre père ..

_________________
Tu foules le sol de tes pas incertains
Sans le vouloir, tu marches sur mon coeur
Il se brise, ta jambe saigne.
Ton empreinte ensanglantée marque le sol froid.

Shiva
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