Le Silence Des Arcanes

La crainte de la guerre est encore pire que la guerre elle-même. Mais parfois, elle est nécessaire.
 
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 Aller-simple pour l'Enfer

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Cardiana Va'l Tarar
Souveraine de Féorya
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Age : 26
Race : Mi drow mi Grand Dragon, mordue par un Vampyr, et Waenre Gardien au service de Sinira
Armes : ... Tu penses sincérement que je te le dirais ?
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Amour: Ses enfants pour commencer. Ecchos, Nara, Undumë ainsi qu’Edira et Lézié. Elle ressent encore quelque chose pour Moloch, Soros, et d’autres, surtout Moloch d’ailleurs, mais célibataire.
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MessageSujet: Aller-simple pour l'Enfer   Mer 19 Mar - 14:42

    « J’ai peur que ce soit notre dernière danse. »

    Blanche tourna la tête vers son compagnon. Certes la situation était désespérée, mais Calion n’était pas quelqu’un de pessimiste. Croisant son regard, la femme comprit que c’était plus que désespéré. Ils étaient perdus, et l’homme l’avait parfaitement compris.
    Calion n’attendait pas de réponse, et il ne fut pas surpris du silence de sa camarade de combat. Il savait que ce soir ils seraient tous les deux morts, et il voulait graver son image dans sa mémoire.

    La peau sombre de la semi-drow se détachait sur l’ocre des pierres de leur barricade, le sang de leurs amis, de leurs ennemis, le sien, le leur, maculaient son visage. Les privations avaient acéré ses traits, et elle ressemblait plus que jamais à une louve. Une légère brise soulevait sa chevelure d’albâtre souillée par les combats, dévoilant sa nuque délicate. Les yeux de la femme semblaient immenses dans son visage hâve, et Calion aurait tout donner pour rester encore une éternité sous le feu vairon de son regard or et argent.
    Bien qu’il ait fait quelques difficultés lorsqu’elle avait jeté son dévolu sur lui, sans le moindre espoir de lui échapper. Personne ne pouvait courir assez vite pour fuir une Vierge de la Lance.

    Se détournant un instant de l’objet de son attention, il se prit à examiner le paysage. Leur barrière de rocaille était la seule chose qui les coupaient du bleu du ciel, et des étendues sans fin du désert. Adossés comme ils l’étaient à la falaise, ils n’avaient plus d’autres choix que d’attendre le bon vouloir de leurs assaillants. Une odeur putride flotta jusqu’à ses narines, et il retint une grimace. Alliés et adversaires étaient tous là, pêle-mêle, morts. Un sort qu’ils connaîtraient bientôt eux aussi.

    Revenant sur Blanche, l’homme attrapa sa main, et la fixa pendant encore quelques précieuses secondes. La fille d’Izysra avait été son amante, et aurait été plus si elle n’avait épousé la Lance. Il aurait aimé l’embrasser pour clore leurs adieux.
    Il ne le fit pas. Sa compagne avait besoin de paroles en cet instant.


    « Puisque cela doit finir comme ça, je voulais que tu saches… »

    Instant interminable, attendant la fin de cette subite déclaration.

    « … J’ai beaucoup aimé danser avec toi. »

    La jeune femme rougit quelque peu et détourne son regard ailleurs. Elle fait bien d’ailleurs, car ce qui l’interpelle, ce sont les ombres agiles qui bondissent dans leur direction.
    Deux mots, et elle se lève, le sabre à la main.


    « Moi aussi. »

    ______________________

    Blanc.
    Les volutes de vapeur et de brume échappés du Nirvana.
    Blanc.
    Les nuages tourbillonnants dans le ciel.
    Blanc.
    La longue chevelure de la femme.

    Noir.
    Les roches encerclant le lieu.
    Noir.
    La terre aux abords du Nirvana.
    Noir.
    L’âme torturée de la femme.

    Gris.
    Le métal abandonné sur une pierre.
    Gris.
    Le ciel du petit matin.
    Gris.
    Les vêtements humbles de la femme.

    Rouge.
    Les premières lueurs de l’aube.
    Rouge.
    Les fleurs qui s’éveillaient.
    Rouge.
    Le regard de la femme.


    ____________________________


    Le combat s’était déroulé comme dans un rêve. Ils luttaient, dos à dos, en silence, sachant parfaitement qu’aujourd’hui ils allaient mourir.
    Calion avait été percé d’une lance au niveau des cotes, puis d’une deuxième alors qu’il refusait de s’effondrer.
    Le dernier Enber avait tranché la gorge de Blanche avant qu’elle ne le tue. La femme se laissa choir aux cotés de son compagnon agonisant, ignorant le sang qui coulait sur son ventre. Posant délicatement la tête de l’homme sur ses cuisses, elle resta ainsi longtemps, fredonnant pour lui le Chant des Morts, un air sans paroles d’espoir et d’amour.
    Le dernier souffle de Calion le quitta alors que le soleil basculait derrière l’horizon, et seul un cri de désespoir bouscula l’harmonie tranquille du désert.

    _______________________________


    Cardiana secoua légèrement la tête, faisant voler son épaisse crinière. Elle ne savait pas trop ce qu’elle faisait ici. Le Nirvana n’était que l’un des deux fragments de Tézéar, l’un des enfants de l’Âme du Désert. Il ne disposait qu’à peine de la moitié des pouvoirs de son illustre créateur. Alors que faisait-elle ici ?

    Comme d’habitude, la demi-drow ne portait pas le diadème noir, la Couronne d’Obsidienne de Féorya, des millénaires de souvenirs pour tous, et un objet si précieux qu’elle évitait toujours de le mettre. Elle aurait risqué de le briser lors d’un énième combat avec Karzal…
    Karzal. Son Adversaire, la moitié de son âme (ou plutôt de sa non-âme) et le seul être sur cette terre à pouvoir mettre un terme à sa longue et douloureuse existence. Le fardeau des Immortels était parfois si lourd qu’elle en venait à souhaiter sa fin. Elle avait déjà tenté d’accélérer le processus, une fois.
    En vain.
    Elle même n’avait pas le pouvoir de se tuer. Immortelle elle était, et Immortelle elle resterait, jusqu’à la fin des temps et la consommation du monde tel que tous le connaissaient.

    Une nouvelle fois l’appel retentit, douloureux, lancinant. L’Impératrice eut un pâle sourire. Le pourquoi de sa présence ici ne lui était en vérité pas inconnue.
    ELLE était ici.
    ELLE, la seule créature devant laquelle la semi-reptile n’avait jamais ployé l’échine, la seule qui pouvait lui donner des ordres…
    Sinira en personne.

    Cardiana ignorait si sa déesse était réellement présente, ou si elle voulait simplement que la Gardienne aille au cœur du brouillard, mais ce n’était pas au bout de 12 000 ans qu’elle allait commencer à lui désobéir.

    Alors sans un bruit, elle s’enfonça dans le brouillard.

    _________________________________

    Blanche releva lentement la tête, tous ses muscles crispés par une longue immobilité. La fraîcheur des nuits dans le désert l’avait réveillée, alors qu’elle s’était laissé aller à la fatigue auprès du corps de Calion.
    Se dégageant de quelques mètres en rampant, elle porta sa main à sa gorge, et sentit sous ses doigts une épaisse couche de sang séché.
    Du sang séché.
    La lame qui avait transpercé sa gorge.
    Elle était morte elle aussi.

    Se relevant en vacillant, elle posa sur le champ de bataille un regard hagard. Elle aurait du mourir. Elle se souvenait encore du froid métal qui avait déchiré ses veines fragiles. Il FALLAIT qu’elle soit morte. Comment pouvait-elle vivre sans Calion ? Comment osait-elle lui survivre ?
    La triste réalité se grava en négatif dans ses rétines.
    Il était mort.
    Elle était vivante.

    Son esprit bascula totalement dans la déraison, et elle tenta de fuir.

    ________________________________

    Les volutes blanches s’enroulaient autour d’elle, comme de monstrueux prédateurs. Ce paysage brumeux ne lui évoquait en rien la noirceur dorée de Tézéar. Mais Sinira lui avait dit de venir ici, et elle était venue.
    Affronter ses démons…. Que croyait la déesse ? Les démons de son passé, ceux de son présent, et ceux qui apparaitraient dans le futur ? Un rire sarcastique émergea de ses lèvres.
    Déraison et folie, elle était déjà sur le fil du rasoir. Lumineuse pour la cause, elle se battait et se battrait toujours pour les Arcaniques. Du Néant pour l’âme. Son âme était plus noire que le plus profond trou des Enfers, ses tendances sanguinaires en rien freiné par son allégeance à Sinira.
    Une forme plus grisée tenta de lui sauter dessus, elle l’ignora.

    _________________________

    Blanche avait erré longtemps, se guidant uniquement à cette éblouissante lumière blanche à l’horizon. Elle devait quelque chose à cette lumière, elle le savait. Mais elle ne savait pas quoi.

    _______________________

    Le vin coula dans le verre, avec un délicat glougloutement. Une main sombre s’avança pour saisir le récipient de cristal éclairé par la lune.


    _______________________
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Cardiana Va'l Tarar
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MessageSujet: Re: Aller-simple pour l'Enfer   Mer 19 Mar - 14:43

    Blanche entra dans la lumière, son esprit endeuillé uniquement occupé par la voix.

    « Tu me dois la vie enfant. »

    Cette voix était amour et sagesse, elle le savait. Mais malgré l’amour que cela lui inspirait, la Vierge voulut refuser son présent. Aucun mot ne put toutefois sortir de ses lèvres.

    « Tu me dois la vie, et tu me dois la raison, enfant. »

    Elle sentit son esprit s’intensifier, comme pour voir au-delà de la mort de son compagnon. Un refus sourd tenta de faire son chemin, mais elle le refusa. Tout ce qui pouvait la distraire de son chagrin était le bienvenue.

    « M’offres-tu cette vie pour dette mon enfant ? »

    Blanche était une Vierge de la Lance, et une fille de noble. Elle connaissait les usages. Si cette femme avait sauvé sa vie, celle-ci lui appartenait. Et face à cette grande femme pâle de peau et de cheveux, elle ne songea pas un instant à mettre sa parole en doute. Si ELLE disait qu’elle avait guéri la plaie béante de sa gorge, et que seule son entrée dans la lumière l’avait sauvée du désespoir, la jeune guerrière la croyait.

    « Ma vie vous appartient, de ce jour jusqu’à celui de ma mort. Les arbres parlent aux pierres et les pierres parlent à l’eau, car telles sont les vieilles alliances. »

    La grande femme sourit doucement et posa sa main sur le front de Blanche.

    « Alors devient mon vassal Enfant. Et saches dés ce jour que ta mort n’arrivera pas avant un nombre innombrable de tant et tant de vies. »

    La jeune fille ne comprit pas ce que voulait dire cette dame blanche, mais la regarda avec une forme d’adoration.

    « Dis-moi ton nom Enfant, car de ce jour tu n’es plus une enfant. »
    « On ne nomme Blanche…. Ma Dame. »


    La grande femme eut un petit rire et sourit plus encore à la demoiselle.

    « Alors je te nommerais ainsi. Cardiana. »

    Les yeux de Blanche s’arrondirent. Son nom était différent dans chaque langue, tout en gardant le même sens. Cardiana signifiait bel et bien Blanche…. Mais dans la langue des Dieux.

    Sur un dernier sourire la Déesse disparut, et la semi-elfe noire put apercevoir les horizons. Elle n’était qu’à quelques mètres du campement de son clan.

    ____________________________

    La femme approcha le verre de ses lèvres, et laissa le liquide couler dans sa gorge. D’une démarche lente et gracieuse, elle s’approcha de la fenêtre envahie par l’obscurité. Des ténèbres que seul son regard pouvait percer. Un sourire amer aux lèvres, elle se laissa de nouveau envahir par les souvenirs.
    Blanche, Cardiana. Cardiana, Blanche.
    Quelle était la différence ?

    ___________________________

    La jeune femme se laissa choir sur le sol. La Déesse n’était plus là pour soutenir son esprit en détresse, et la douleur reprit ses droits. Des larmes de chagrin coulèrent sur ses joues, alors qu’un grand homme à la peau sombre s’approchait en courant vers elle.
    Blanche se blottit contre le torse solide de celui qui la prenait dans ses bras. Cette odeur était ce qu’il y avait aujourd’hui de plus réconfortant sur cette terre.


    « Noir… Oh Noir ! »

    Les mots s’entrechoquaient sur sa langue, ses paroles embrouillées par des sanglots. L’homme du nom de Noir la serra un peu plus fort, laissant ses doigts caresser la crinière blanche de sa sœur jumelle.

    « Il est mort Noir ! »

    Les phrases étaient brusques, presque incompréhensibles. Elle n’aurait su dire combien de temps dura leur étreinte, mais alors qu’elle se redressait un peu, le soir se couchait de nouveau. Avait-elle pleurée une journée entière ? Elle n’aurait su le dire.
    Noir ne la laissa pas aller vers le campement, ses seules paroles furent pour dire qu’ici aussi s’était écoulée une tragédie. Malgré ses précautions, Blanche comprit. Les Enbers avaient attaqué ici aussi. Tout le clan était mort.

    Noir revint avec deux chevaux. Il souleva sa sœur dans ses bras pour la déposer sur le dos de l’animal, mais les mains de la jeune femme sur ses avant-bras l’arrêtèrent. Elle le fixa dans les yeux, son chagrin voilé par une profonde détermination.


    « Toi aussi, n’est ce pas ? »

    Il n’eut pas besoin d’autres explications pour comprendre où elle voulait en venir. Oui, lui aussi aurait du mourir. Mais quelqu’un lui avait sauvé la vie. Non ce n’était pas une femme, et c’est vers de l’ombre avait été attiré. Non, il était tout en noirceur, mis à part la peau presque aussi pâle que leurs chevelures respectives. Oui un profond respect l’avait envahi, il avait accepté de devenir son vassal.
    Un mot échappa des lèvres de Blanche alors qu’il terminait son récit.


    « Celéndil. »

    Comme tous les mots de la langue des Dieux, Cardiana et Celéndil étaient à double-sens. S’ils signifiaient aussi Blanche et Noir, ils voulaient également dire Louve et Démon, pour ne citer que cela.

    « Je crains qu’il ne nous faille partir. »

    Noir frôla du bout des doigts la joue de sa jumelle, puis bondit sur le dos de sa propre monture.

    _______________________________

    C’était ainsi qu’ils étaient devenus les Waenres, les Serviteurs des Dieux. Ils n’avaient appris que plus tard le nom de Sinira et Androbar. Cardiana avait entendu dire que pour leur demi-frère, Karzal, il en était allé de même. Ce que peux savait, c’est que les jumeaux demi-dragons partageaient le même père que leur ennemi le plus acharné.
    En ces temps là, rares étaient les Grands Dragons. Plus rares encore étaient ceux qui avaient assez d’estime envers les bipèdes pour prendre compagnes parmi elle. Erekranor était même le seul.

    Cardiana secoua la tête et replongea son regard sur la ruelle en bas. Le salon derrière elle était sombre, malgré la lumière des deux lunes de cette planète. Les rideaux d’un rouge sombre étaient repliés sur les cotés. Un fauteuil du même bordeaux semblait attendre que quelqu’un daigne se présenter dans la pièce, et un bureau de bois noir accueillait déjà plusieurs monticules de notes codées. Seuls elle et son frère pouvaient espérer déchiffrer la délicate écriture cursive, code chiffrer d’une langue qui n’était plus parlée depuis près de neuf millénaires. Chiffrés par des évènements uniquement connus des deux Gardiens aînés.
    Que d’amusement en perspective si quelqu’un avait la stupidité de voler ces doubles de notes personnelles….

    Le regard vairon de la femme se perdit dans le lointain, alors qu’elle faisait face à la fenêtre, un verre de vin dans la main. Sa vie appartenait à Sinira, son allégeance, son pouvoir et son âme n’étaient qu’à sa maîtresse.
    Son cœur appartenait à un autre qui ne le savait que trop bien. Un autre encore vivant malgré les millénaires écoulés depuis. La demi-Dragon fit lentement tourner le liquide dans son verre, les yeux dans le vague. Une phrase que Moloch lui avait souvent martelée revint tout naturellement à ses lèvres.


    « On n’oublie jamais d’où l’on vient, comme tu dis… »

    Avec de nouveau ce rictus cynique, l’impératrice porta le verre à ses lèvres. Comme d’habitude, les mots d’une très ancienne langue était venue à ses lèvres tout naturellement.
    Reposant le verre sur le guéridon près de la vitre, elle se retourna vers la porte. Il lui avait semblé entendre un bruit.

    Ignorant la lumière des deux Lunes qui l’éclairait de dos, elle fit quelques pas vers ses notes, là où elle avait posé le pendentif. Un bijou qu’un agent Mortis avait réussi à voler auprès d’un Réprouvé. La souveraine interdisait formellement à ses agents d’affronter des Réprouvés. Des Dalharens et des Vampyrs d’accord, mais face aux quinze Seigneurs Noirs, ils n’avaient aucune chance.
    Les quinze Seigneurs étaient… non, pas aussi forts que des Waenres, mais ils dépassaient largement la moyenne Dalharen. Et leurs espérances de vie avaient mystérieusement doublée… Il était temps de songer à s’en débarrasser, supporter ses gêneurs pendant quatre millénaires dépassait de loin les limites de sa patience.
    Et ces trois jeunes qui semblaient bien parties pour devenir des Réprouvés à leur tour… Sang et Cendre… Ainsi qu’ils le pensaient depuis quelques temps déjà, l’air des premiers jours se faisait plus vif.

    Un autre bruit à la porte la ressortit de ses réflexions.



    [ Navrée Uriel ^^"" J'avait prévu de le retravailler pour que ce soit mieux, mais vu l'épée de Damoclés au dessus de ma tête, il faudra le laisser comme cela... ]
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MessageSujet: Re: Aller-simple pour l'Enfer   Ven 21 Mar - 12:11

    (Comment suis-je censee etre a la hauteur de ca, moi? XD)

    Une ville, immense, grouillante, pleine de bruits, de couleurs, d’odeurs. Tout se heurtait, s’entrechoquait dans le chaos – ou était-ce une danse ? Dur à dire… Un peu des deux, peut-être. Un peu des deux, mêlé à de la folie, la folie des humains, aussi éphémères que des papillons d’une nuit, qui pourtant se croient au centre du monde. Qui pourtant vivent leurs vies comme ils le peuvent. Qui prétendent changer le monde, sans se douter des forces qui contrôlent leurs vies, des forces tellement puissantes qu’ils ne peuvent en saisir l’existence. Ils sont si naïfs… Mais au fond, ils ne veulent pas chercher, ils ont peur de trouver, de connaître la vérité.

    Des pensées bien philosophiques que voilà, surtout pour un être aussi jeune… Mais ce serait oublier qu’Uriel d’Anadrienduil est un Dalharen, et que, même du haut de ses vingt-huit ans, il possède une mémoire aussi ancienne que le monde. Une mémoire héréditaire, celle de tous ses ancêtres, morts avant lui. Et dont, chaque nuit, il revit les souffrances dans ses rêves. C’est le prix qu’il a du payer pour ses pouvoirs, et il ne l’a jamais regretté. Pourtant, au fond de son âme, il a peur. Peur du jour que ses rêves lui montreront sa mère, l’informant ainsi de son sort par le moyen le plus brutal. Mais pour l’instant, il peut respirer normalement, Myriam de la lignée des Fuma Aqueas vit, au service de la même Impératrice que l’est son fils. Son unique fils, celui qui porte en lui l’avenir de sa Maison. Maison dont le jeun Mortis porte le symbole sur une chaîne autour du cou : une amulette en argent au reflets bleutés.

    Pourtant, Uriel ne peut se perdre éternellement en ces réflexions certes fort agréables, il a à faire. Cardiana Va’l Tarar l’a fait appeler, et cela en pleine mission, signe que la chose était urgente. Le Dalharen a donc quitté son repère du moment et s’est mis en route vers la résidence de l’Impératrice, dans le Palais de Deleïr. La route n’est pas longue, et il a élu de la faire à pied, afin d’éviter d’éventuelles encombres mais aussi car, o ironie du sort, son cheval se trouve au Palais. Mais à vrai dire, Uriel s’en moquait éperdument. Marcher ou chevaucher, peu importe ? Il pourrait aussi prendre la forme d’une panthère si l’envie l’en prenait, mais c’était bien trop risqué dans cette ville grouillant d’humains. Ils risquaient de mal prendre la présence d’un félin de cette envergure parmi eux.

    Ce fut donc de la manière la plus banale que le Mortis arriva au Palais, mais au lieu d’aller tout droit vers sa porte principale gardée par deux humains brandissant des lances, Uriel contourna l’enceinte du bâtiment jusqu'à arriver à une seconde porte, bien moins visible. Celle-ci ne disposait que d’un seul garde qui, malgré ses efforts pour dissimuler le fait, était un elfe. Un elfe dans la confiance de l’Impératrice et auquel Uriel murmura quelques mots de l’ancien langage. Le garde hocha la tête et s’écarta du passage, laissant passer le jeune Dalharen. Suivit un labyrinthe de corridors et de portes de chêne massif, de murs en pierre couverts par des tapisseries et éclairés par des torches qui brûlaient calmement dans leurs attaches de métal. Avec un sourire intérieur, Uriel songea que cette marche à l’intérieur du Palais rivalisait sans doute en longueur avec celle qu’il avait accomplie pour venir ici.

    Au bout de ce trajet qui semblait presque interminable, Uriel s’arrêta devant une porte, une porte comme toutes les autres dans ce Palais, une porte parmi des centaines. Pourtant, derrière elle se trouvait l’objet de sa visite, la seule à pouvoir décider de son sort, celle à qui il avait juré loyauté et envers qui il éprouvait un immense respect. Cardiana Va’l Tarar en personne. Waerne gardienne, souveraine de Féorya, et accessoirement la suzeraine d’Uriel. Un coup bref à la porte, frappé d’une main sure, suivi de deux autres, plus rapides, plus secs. A chacun sa manière de s’annoncer, et celle-ci appartenait au jeune Mortis depuis bon nombre d’années déjà. Cela permettait à l’Impératrice de savoir immédiatement qui venait – non qu’elle en eut besoin aujourd’hui, puisqu’elle avait été a l’origine du message qui l’avait fait venir. Mais les traditions étaient des traditions. Et les habitudes étaient des habitudes. Et ni l’un ni l’autre ne peut être ignoré.

_________________
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MessageSujet: Re: Aller-simple pour l'Enfer   Mar 24 Juin - 14:02

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MessageSujet: Re: Aller-simple pour l'Enfer   

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